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Bayou Seco par Juan Marquez Léon

Bayou Seco / Genre : Musique traditionnelle cajun et autres.

Comme chaque dimanche, accompagné de ma querída, passage au marché pour acheter ma dose d’huîtres hebdomadaires, c’est ma tradition… Mais avant, petite halte au Garage ; et comme très souvent, nous n’en ressortirons pas les mains vides. Pour elle, ce sera 2 livres, pour moi, quelques vinyles chez Metropolis Records ; un ‘Dick River’s Rocking Along’ très rock’n’roll avec la contribution exceptionnelle d’Alain Bashung et le ‘American Folk Blues Festival – Studio Session’ de 1965 qui autour d’une formation dont le batteur est l’immense Fred Below, ont été enregistrés, entre autres, des gens comme Fred McDowell, JB Lenoir, Big Mama Thornton ou John Lee Hooker.

Quant à Mr K, le maître de ces lieux, celui ci me fera découvrir d’autres enregistrements : celui du saxophoniste Joki Freund (1926-2012), un des musiciens les plus importants de la scène jazz allemande et un d’Art Blakey, un chouette disque enregistré dans les 80’s.

Mais c’est surtout ceux d’un sympathique duo, le Bayou Seco, qui a motivé ces quelques lignes. Un couple américain basé à Silver City Nouveau Mexique qui à eux deux totalisent un âge très respectable. Jeanie McLERIE (violon à 5 cordes), musicienne professionnelle depuis 1962 et son comparse, Ken KEPPELER (violons, accordéons, etc…), qui lui, débutera sa carrière en 1972. Autant vous dire que ces 2 là, avec le temps, ce sont fait un nom sur la scène des musiques traditionnelles. Sur la route, ils rencontreront des gens comme James Taylor ou Country Joe. Leur répertoire comprend de la musique cajun, de l’old time music, des chansons de cow boys, des folk songs, du traditionnel hispanique, et même des reprises de la Carter Family. En fait le couple collecte tout ce qui se joue dans cette partie du sud ouest des Etats Unis, Louisiane du Sud, Texas, Nouveau Mexique, Arizona. Ce qui les amènent à chanter aussi bien, en anglais, qu’en français (‘je bois mais un seul ‘tit coup, passez-moi la bouteille…’) et qu’en espagnol (‘Ya el tecolote no baila, porque no tiene zapatas’).Leurs disques comprennent des polkas, des two steps, des reels, des bourrées, des valses, des quadrilles, cette danse de bal et salon, héritière de la contredanse du XVIII ème siècle français, et sont traversés du son du banjo, de l’harmonica, et de la mandoline. En plus d’être des collecteurs reconnus par la Commission des Arts du Nouveau Mexique pour leur contribution au patrimoine culturel, Ken est luthier et Jeanie donne des cours de musique. Visitez leur site bayouseco.com, car ils se produisent assez souvent de par nos vertes contrées ; Bretagne, Champagne, Pays Basque et aussi un peu partout en Europe. ‘Oh chérie, querídamia, viens dedans mes bras, Et danse la dernière valse avec moi’…. — Juan Marquez Léon


Beaucoup de disques de Bayou Seco sont disponible chez Klaus au Garage à Saint-Nazaire ou en-ligne en cliquant ici…


Juan Marquez LéonJuan Marquez Léon est le chroniqueur de disques sur Zeitgeist. Et pas n’importe lequel !!! Après des décennies et des études à Séville, Grenade, Paris, Londres, New York, Tokyo et Berlin, Juan a posé son vélo à Saint-Nazaire pour bosser dans un « CAC 40 » et parcourt tous les jours 12km avec une vieille bécane à pédales, traversant Méan et Penhoët pour rejoindre son « headquarter » bien (ou peu) chauffé en Brière. Juan parle 32 langues couramment et la langue qu’il maîtrise le mieux est celle de la musique. Ici vous trouverez l’écriture de Juan, une personne passionnée et attachante. Bref, un gentil bonhomme qui a toujours son chapeau vissé sur la tête afin de lutter contre le vent et le crachin celtique de notre région.

French Boutik / L’Ame De Paris par Juan Marquez Léon

French Boutik ‘L’Ame De Paris’/ Label : Heavy Soul Records / Distribution : Clearspot et Juno / Genre : Pop Néo Moderniste.

En ces temps légèrement troublés, voici un peu de fraîcheur. French Boutik (avec un k comme dans Kinks). Un groupe très sympa qui a vu le jour dans le 11ème arrondissement (comme bibi!) de Paris. Serge Hoffman, Zelda Aquila et Jean-Marc Joannès sont des frenchmen et la chanteuse Gabriela Giacoman est une américaine. Pour une fois, avec un petit accent tout à fait charmant, celle ci chante en français. Vous avouerez que cela change un peu de nos chanteurs (euses) qui s’expriment en chant anglophone. Leur univers musical est un mix entre psyché rock, power pop et une esthétique mod. Le producteur Andy Lewis est un proche de Paul Weller, et le label du disque, Heavy Soul fait référence au leader des Jam. Donc très 60’s mais avec un je ne sais quoi des 80’s françaises (Lio, Elli et Jacno, Taxi Girl, Snipers, Ticket…). Bien sûr on décèle ici ou là des références au Floyd de 1967, aux Beatles, aux Kinks, à Gainsbourg, etc….Les thèmes traitent souvent de ruptures amoureuses (avec humour !) de la nostalgie d’un quartier qui change (‘Strasbourg Saint Denis’), de vieux numéros de téléphone notés sur un carnet que l’on hésite à rappeler 20 ans après (‘Passé Recomposé’) ou de La Commune Parisienne (‘L’Ame de Paris’). Souvent on y entend des sons de la rue, et ici, en intro, c’est un vieil enregistrement de L’ Internationale. Sinon, cela reste très actuel, (‘Amis Sur Facebook’) avec comme sujet l’écologie (‘Ta Faute’) ou futuriste (‘Beta Gamma’), même si c’est Henri Salvador qui, avec ce titre composé par Bernard Michel en 1968 , avait déjà traité notre avenir automobiliste. Dandysme, modernisme, le ‘Chic Français’. — Juan Marquez Léon.

Retrouvez nos chroniqueurs dans www.bluesagain.com

Juan Marquez LéonJuan Marquez Léon est le chroniqueur de disques sur Zeitgeist. Et pas n’importe lequel !!! Après des décennies et des études à Séville, Grenade, Paris, Londres, New York, Tokyo et Berlin, Juan a posé son vélo à Saint-Nazaire pour bosser dans un « CAC 40 » et parcourt tous les jours 12km avec une vieille bécane à pédales, traversant Méan et Penhoët pour rejoindre son « headquarter » bien (ou peu) chauffé en Brière. Juan parle 32 langues couramment et la langue qu’il maîtrise le mieux est celle de la musique. Ici vous trouverez l’écriture de Juan, une personne passionnée et attachante. Bref, un gentil bonhomme qui a toujours son chapeau vissé sur la tête afin de lutter contre le vent et le crachin celtique de notre région.

Automatic City / Triple Ripple par Juan Marquez Léon

Automatic City’Triple Ripple’ / Label : Wita Records / Distribution : L’ Autre Distribution / Genre : Exotica Blues

L’ovni blues du mois, oeuvre sonique unique! Quatre garçons dans le futur du blues premier… Lyon, la capitale des Gaules, qui à travers un pacte ‘voodoo’, doit être jumelée depuis des temps anciens avec le Delta du Mississippi !

Alors qu’ Éric Duperray, Emmanuel Mercier, Raphael Vallade et Zaza Desiderio se partagent les instruments de base du blues électrique, il faut rajouter sitars, flûte, mélodica, bellzouki, theremin, marimba, stylophone, bongos, pandero, berimbau, udu! Palette instrumentale à laquelle se rajoute aussi divers effets sonores extra-terrestres nous ramenant aux séries TV américaines de l’après guerre. Autour de 3 instrumentaux, ‘First Ripple’, ‘Second Ripple’ et ‘Triple Ripple’, qui constituent la charpente de cet édifice, ondulent compositions originales dans une veine ‘exotica orientaliste’ signées Mercier et Duperray. ‘King Money King’ nous rappelle le regretté Rachid Taha tandis que ‘Gas O Line’ pourrait être le thème d’une série TV composé par John Barry.

De nombreuses reprises également, toutes réincarnées dans l’esprit du collectif Automatic City. ‘Shrinking Up Fast’ un mambo de Camille Howard, chanteuse R n’ B des 40’s et 50’s.’ Deux reprises de RL Burnside, ‘Going Down South’ et ‘See My Jumper Hanging On The Line’, ou un trajet avec Skip James himself à bord d’une voiture volante au dessus d’une mégalopole du 27 ème siècle. Joe Hill Louis est présent avec son ‘Tiger Man’ où, gémissements de félin et cris de Tarzan nous propulsent dans la jungle épaisse, avec dans les dernières secondes, un clin d’œil aux Cramps. Le ‘Good Morning Little Schoolgirl’ de Sonny Boy Williamson I, le croirez vous? C’est Curtis Mayfield qui s’y colle en hoquetant façon le King of Rockabilly, Charlie Feathers. Autre King, l’interprétation du ‘Animal Instinct’ qu’Elvis chantait dans une nullité de 1965, ‘Harum Scarum’ (‘ C’est La Fête Au Harem’) et où, d’un coup du revers de la main il aligne un guépard… C’est leur 3eme album, leur meilleur.

Le blues hanté d’Automatic City ravive la flamme mystérieuse des origines de cette musique, sans cesse en renouvellement. Ce n’est pas très courant, il faut bien le signaler. — Juan Marquez Léon

A lire aussi pleins d’autres chroniques blues dans www.bluesagain.com

Juan Marquez LéonJuan Marquez Léon est le chroniqueur de disques sur Zeitgeist. Et pas n’importe lequel !!! Après des décennies et des études à Séville, Grenade, Paris, Londres, New York, Tokyo et Berlin, Juan a posé son vélo à Saint-Nazaire pour bosser dans un « CAC 40 » et parcourt tous les jours 12km avec une vieille bécane à pédales, traversant Méan et Penhoët pour rejoindre son « headquarter » bien (ou peu) chauffé en Brière. Juan parle 32 langues couramment et la langue qu’il maîtrise le mieux est celle de la musique. Ici vous trouverez l’écriture de Juan, une personne passionnée et attachante. Bref, un gentil bonhomme qui a toujours son chapeau vissé sur la tête afin de lutter contre le vent et le crachin celtique de notre région.

Katarina Pejak / Roads That Cross par Juan Marquez Léon

Katarina Pejak / Roads That Cross / Label : Ruf Records

Le voilà donc cet album, le 5ème tout de même! Celui ci est produit par Mike Zito (Royal Southern Brotherhood). Cette chanteuse autrice compositeuse, pardon….. chanteuse auteure compositrice et pianiste…on s’y perd des fois!….a débuté sa carrière en Serbie, son pays natal où elle y est très acclamée. Elle vit à Belgrade une partie de l’année. Puis passage américain par le Berklee College Of Music comme d’autres ‘collégiens’ qui ont pour nom Susan Tedeshi, Pat Metheny, Al Di Meola, Donald Fagen, Steve Vai ou Keith Jarrett…..De prime abord, ce qui retient tout de suite l’attention sur ce ‘Chemins De Traverse’ sont deux reprises. La première, ‘Sex Kills’ de l’immense Joni Mitchell (75 ans aujourd’hui, gloire à elle!) adaptée par Pejak en une formidable version soul blues. La seconde, le ‘Turtle Blues’ de Janis Joplin, mais dans un style plus proche de l’excellente Rickie Lee Jones que de la ‘Mama Cosmique’! Pour le reste, les compositions sont d’un excellent niveau alternant blues, ballades (‘Old Pain’) et chansons sur un mode mid tempo, La guitariste Laura Chavez (excepté pour ‘Moonlight Rider’ ou Mike Zito se charge de la slide) y fait des merveilles, des fois twangy sur ‘Nature Of My Blues’ conférant à ce titre une ambiance ‘Tarantinoesque’, avec ses remontées de manche à la Dick Dale, (le saint homme vient de casser sa pipe!). ‘Chasing Summer’ débute comme un morceau des Stones (‘Start Me Up’). On se retrouve en terre cubaine dans ‘She Coming After You’ alors que le titre éponyme nous emmène en terre irlandaise. En fait ce pourrait être le genre de galette à glisser dans le mange disques de votre voiture en roulant à 80km/h! Tranquille.– Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon est le chroniqueur de disques sur Zeitgeist. Et pas n’importe lequel !!! Après des décennies et des études à Séville, Grenade, Paris, Londres, New York, Tokyo et Berlin, Juan a posé son vélo à Saint-Nazaire pour bosser dans un « CAC 40 » et parcourt tous les jours 12km avec une vieille bécane à pédales, traversant Méan et Penhoët pour rejoindre son « headquarter » bien (ou peu) chauffé en Brière. Juan parle 32 langues couramment et la langue qu’il maîtrise le mieux est celle de la musique. Ici vous trouverez l’écriture de Juan, une personne passionnée et attachante. Bref, un gentil bonhomme qui a toujours son chapeau vissé sur la tête afin de lutter contre le vent et le crachin celtique de notre région.

LAMA MEUR / YANN BER / kan ha diskan

LAMA MEUR / YANN BER kan ha diskan

« Kan ha Diskan »

Le « Kan ha Diskan » est une forme de la chanson particulière à la Bretagne, où, en faisant danser, les chanteurs content au peuple dés histoires tendres ou dures, poétiques, parfois satiriques. Mais la censure politique a toujours eu cours dans les Festoù-noz, par des proverbes bien connus : « Etre Breton, c’est être plouc », « Le breton n’est pas une langue noble et ne peut pas tout dire », ou par la crainte de représailles en avançant des arguments autres que sentimentaux et romantiques. A cause de cela, certaines chansons politiques n’ont jamais dépassé les limites de leur commune d’origine et ont disparu. Souvent, les très rares chansons qui nous parviennent sont des satires de l’ancien régime quand elles sont anciennes ou, si elles sont actuelles, le chanteur — pour s’excuser d’être aussi audacieux dans ses paroles — prétend les avoir entendues de son grand-père ou d’un inconnu dans une fête, alors qu’il en est peut-être l’auteur, mais… censure oblige. Dans le combat qu’il nous faut mener aujourd’hui pour manifester notre droit à la dignité humaine, à l’égalité de tous et à la reconnaissance des droits de tous les travailleurs, le travail du chanteur — issu du peuple et en faisant partie — est, par sa créativité personnelle, d’englober tous les aspects de la vie dans ses chansons, c’est-à-dire qu’en plus de l’amour, de la joie, des fléaux, il doit ajouter les luttes du peuple, victorieuses ou non (car toute lutte est une expérience utile), et leurs conséquences pour les marins, les paysans, les ouvriers, etc…

Il faut donc continuer à créer sur tous les thèmes possibles, à condition que le fond de ces chansons soit susceptible de toucher le peuple ; inutile de créer des chansons qui ne toucheraient personne. C’est ici que réside le choix du chanteur, donc son apport personnel à la vie du peuple : équilibrer les thèmes, comme ils le sont dans la vie quotidienne de chacun ; il serait étonnant que dans une journée on puisse ne se poser aucun problème politique — et si cela est, il faudrait s’en poser un jour — il faut donc le faire dans les Festoù-noz si l’on veut qu’ils restent un phénomène populaire non transformé en petit bal du samedi soir rapportant de l’argent.

Le but de ce disque est donc de répandre nos chansons et notre pratique, et aussi d’essayer d’aller contre cette censure qui fait que les Festoù-noz se prostituent de plus en plus, qu’ils sont de plus en plus nombreux, et de moins en moins spontanés.

Ra vezimp komprennet, a greiz kalon,
LAMA MEUR

S’engager dans le combat culturel populaire breton, qu’est-ce finalement, sinon assumer une certaine production plus ou moins personnelle, individuelle, à fin de consommation par le plus grand nombre ?

Une telle attitude semble, hélas, relever plus d’une obligation que d’un choix. En effet, comment agir autrement dans notre société actuelle entièrement orientée vers cette bipolarité : produire et consommer ? Comment faire pour que l’ouvrier spécialisé dans le montage d’enjoliveurs d’Ami 8 puisse employer son temps de loisir autrement qu’en allant consommer les productions d’autres spécialisés : metteurs en scène, acteurs de cinéma ou de théâtre, écrivains, poètes, chanteurs ou musiciens ?

C’est pourtant là un cercle vicieux qu’il faut briser si l’on veut mener un combat culturel qui soit authentiquement au service du peuple breton, c’est-à-dire un combat qui, à terme, doive l’amener à renouer avec un type de vie culturelle qui était le sien, bien que fortement aliéné au XIX’ siècle.

Cette culture était celle du quotidien ; elle était l’expression de la quotidienneté de l’existence : le paysan, le meunier, le tailleur, le charron, etc…, étaient compositeurs, chanteurs, conteurs, sculpteurs. Et la matière de ces chansons, contes ou sculptures, était la vie de tous les jours de ce peuple travaillant dur, de ce peuple frondeur avec ses bourgeois et ses aristocrates, mais à genoux devant son dieu et ses curés, de ce peuple grand fournisseur de prêtres, de religieuses, de marins, de missionnaires… La matière, c’était la douleur du « kloareg » (séminariste) devant quitter sa douce amie pour la rigueur des ordres, ou celle de la délaissée pleurant son amant parti gagner des âmes à Dieu dans les pays lointains ; c’était la colère des pauvres gens de la campagne contre les bourgeois des villes ou contre la conscription obligatoire, la joie du paysan devant la beauté de sa moisson ou l’abattement devant le malheur ou la catastrophe… C’était aussi l’événement, heureux ou malheureux, que l’on mettait en rimes et qui, le plus souvent par la bouche d’un « Klasker bara » (mendiant), se colportait de village en village à travers la Bretagne.

Voilà notre héritage, lourd de toute l’aliénation d’un peuple dominé, mais aussi riche d’un mode d’expression original et rompant avec ce processus de hiérarchisation, de spécialisation, qui fait des uns les tenants d’une activité noble. et des autres ceux d’activités roturières, qui institue certains au rang de producteurs culturels et le reste au rang de consommateurs.

Et c’est justement cette « richesse » qu’il faut retrouver aujourd’hui. L’« artiste », dans la phase de combat qui est actuellement la nôtre, quand il produit ou se produit, ne doit pas référer à lui-même, c’est-à-dire assumer une production individuelle, mais à ceux à qui il s’adresse et à leurs besoins. Ce qui implique que son unique but devra être de remettre entre les mains du peuple une forme et des moyens d’expression qui étaient les siens avant que la bourgeoisie ne parachève son oeuvre de domination et de destruction. Pour le chanteur, ce sera lui faire redécouvrir sa musique et lui réapprendre à s’exprimer, à chanter sa vie, ses luttes, ses victoires.

Quand on affiche de telles idées, enregistrer un disque n’est pas la moindre des ambiguïtés. En effet, que représente le disque actuellement, sinon la consécration de la spécialisation de l’« artiste », spécialisation précédemment dénoncée ? Que représente le disque, sinon le type même du produit à consommer, excluant quasiment toute possibilité de production et d’expression pour celui qui l’entend ?

Consécration de notre spécialisation pour qui veut, mais pas pour nous. Ce disque n’a pas la prétention de briller au firmament des chefs-d’oeuvre du « Kan ha Diskan », ni de sacraliser notre titre de « Chanteurs » (avec un grand C). Mais le disque, produit de grande consommation, étant par le fait même un très important moyen de diffusion, le nôtre aspire tout simplement à répandre le plus possible notre pratique et ce que nous chantons, en espérant en provoquer d’autres par phénomène d’entraînement. Autrement dit, le but de ce disque est d’inciter d’autres personnes à pratiquer le « Kan ha Diskan » avec, bien sûr, des paroles traditionnelles, mais surtout des couplets exprimant tel ou tel aspect de leur vie et de celle de tous les travailleurs bretons. Si cet objectif est atteint, alors ce disque aura rempli son rôle de morceau de plastique producteur de sons et pourra aspirer à une juste retraite au fond d’une poubelle…

Et ainsi soit-il de tous les autres disques bretons, progressistes ou pas !

YANN-BER

LAMA MEUR / YANN BER kan ha diskan
LAMA MEUR / YANN BER kan ha diskan

Breskennerien

Breskennerien / Production DROUG

BRESKENNERIEN / Production DROUG

1. Apprends l’Ennui des Lycees-Casernes / paroles et musique: Breskennerie
2. La Ville de Nantes – paroles et arrangements Breskennerien / musique traditionelle
3. Les Conquerants de L’Ouest / paroles et musique: Breskennerien
4. Tu Voudrais Que Je Chante / Mort de Victor Jara / paroles et musique: Breskennerien / témoignage

Prise de son: Renaud Richard / Studio IRIS

Pascal: guitare acoustique, vocal / Patrick: basse électrique, guitare solo, vocal / Daniel: vocal, guimbarde, percussions / Philippe: vocal, guitar acoustique, mandoline, flute

Discocanar N° 1

Discocanar N° 1

Discocanar N° 1
« Aspects de la nouvelle chanson populaire en Bretagne » a ouvert ses plages à Arbatz, Gweltaz, Kirjuhel et Mikaël.

Dans l’équipe de réalisation technique, il y avait:

  • Yvon Ropars: couverture et illustration
  • Aline Montels: maquette
  • Le Chien Korig: graphisme musical
  • Gweltaz joue aussi du dulcimer
  • Mikaël: violons et battements de pied
  • Jean Fos: guitare sceptique

Les photos pour « joint français », « Ronde de Camoël », « Sort du paysan français », sont extraites du reportage « Portrait en usine exécutés dans les conserveries du Sud-Finistére ». Photos pour « Son ar bonedou ruz »: APL. Prise de son: Lucien Macé et Renaud Richard. Surveillant général des traveaux: Personne.

Production DROUG / Atelier Du CCDCP

Chris O’Leary / ‘7 Minutes Late par Juan Marquez Léon

Chris O’Leary /’7 Minutes Late / Genre : Blues / Label : American Showplace Music / Distribution : Clay Pasternack Inc

Cet ancien US Marine avait rejoint, en tant que chanteur, le groupe ‘Levon Helm And the Barnburners’ pour 6 ans. Levon Helm…faut il le rappeler, était le batteur de cette formation mythique qu’était The Band, le groupe qui accompagnera Dylan de 1965 à 1974 et qui aura influencé tant de gens dont Eric Clapton avec l’album, ‘Music From Big Pink’ (1968). Mais revenons à nos moutons. Depuis 2010, Chris O’Leary s’est lancé dans une nouvelle aventure avec cette nouvelle formation. Banco! Premier album ‘Mr Used To Be’ nominé et primé. Quelques albums plus tard, voici qu’arrive le 5ème. Et ce n’est que du bonheur. Il est traversé de purs instants cuivrés à la sauce Stax (‘What The Devil Made Me Do’) et de déambulations au gumbo louisianais avec le Docteur John comme chef cuisinier (‘Driving Me Crazy’). Groove funky moite (‘One More Chance At Love’) se partage l’espace avec d’autres titres plus colorés à la Little Feat (‘Circus Just Left Town’). Boogie de l’enfer (‘Second Time Around’), intro ‘Pub Rock’ (‘Heartbreak Waiting For Happen’) ou blues sales et méchants (‘Bones’) se tapent la carmagnole. Et pour ralentir le propos, ambiance brumeuse à la Quentin Tarantino (‘Your Day Will Come’) ou jolie ballade à la Otis Redding (‘Daddy’s Here’) dont la voix d’O’Leary rappelle souvent celle du chanteur disparu. Harmoniciste hors pair, il a enregistré avec Hubert Sumlin, le gars écrit aussi des choses comme ça : ‘…give me an uncracked bottle of number 7 black label, a slow train out of Memphis… When I come back home to you….a thousand miles to drink, a couple hundred more to think bout what I’m gonna ‘tell ya’ bout….what the devil made me do’…’ Ce qui, vous en conviendrez, augure un vaste programme. — Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon est le chroniqueur de disques sur Zeitgeist. Et pas n’importe lequel !!! Après des décennies et des études à Séville, Grenade, Paris, Londres, New York, Tokyo et Berlin, Juan a posé son vélo à Saint-Nazaire pour bosser dans un « CAC 40 » et parcourt tous les jours 12km avec une vieille bécane à pédales, traversant Méan et Penhoët pour rejoindre son « headquarter » bien (ou peu) chauffé en Brière. Juan parle 32 langues couramment et la langue qu’il maîtrise le mieux est celle de la musique. Ici vous trouverez l’écriture de Juan, une personne passionnée et attachante. Bref, un gentil bonhomme qui a toujours son chapeau vissé sur la tête afin de lutter contre le vent et le crachin celtique de notre région.

Charles-Eric Charrier / Concert au Garage par Juan Marquez Léon

En 2018, ce qu’il ne fallait pas louper au Garage.

Le 07/12, sur une petite scène aménagée, se produisait dans une lumière tamisée et derrière les bois d’un cerf invité, un musicien singulier. Charles-Eric Charrier. Bassiste sur boucles électrorientalisantes, d’où se déploie une douce musique, évanescence de joie. C’est le calme et le flottement qui animent les 3 premières cordes de la guitare basse, la 4ème est beaucoup plus rude. Xylophone pour enfant, arpèges d’un joueur de luth médiéval. Mais aussi, inspiration blues qui dérive vers le trip hop. Des titres où l’on entend des bouteilles s’entrechoquer. Cloches, carillons. Des chants amérindiens en transe, entremêlés à une boîte à rythme sur basse froide post punk. Un moment inoubliable et unique. — Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon est le chroniqueur de disques sur Zeitgeist. Et pas n’importe lequel !!! Après des décennies et des études à Séville, Grenade, Paris, Londres, New York, Tokyo et Berlin, Juan a posé son vélo à Saint-Nazaire pour bosser dans un « CAC 40 » et parcourt tous les jours 12km avec une vieille bécane à pédales, traversant Méan et Penhoët pour rejoindre son « headquarter » bien (ou peu) chauffé en Brière. Juan parle 32 langues couramment et la langue qu’il maîtrise le mieux est celle de la musique. Ici vous trouverez l’écriture de Juan, une personne passionnée et attachante. Bref, un gentil bonhomme qui a toujours son chapeau vissé sur la tête afin de lutter contre le vent et le crachin celtique de notre région.

Helen Rose / Trouble Holding Back par Juan Marquez Léon

Helen Rose / Trouble Holding Back / Label : Monkey Room Music / Distribution : CPI Distribution / Genre : Country Rock Blues and Soul.

Sorti il y a quelques mois, ce premier disque de cette jeune chanteuse et saxophoniste séduit immédiatement de par la diversité des genres abordés. Un ‘Love And Whiskey’ très Stones ouvre l’album. On devine l’influence Bobby Gentry pour ‘Flatlands Of North Dakota’ avec son accompagnement guitare, violons. De manière assez dépouillée, chant et guitare, elle reprend le traditionnel ‘When The Levee Breaks’ que Les Zeppelin avait déjà interprèté dans d’autres temps bien lointains. Puis arrive cet étonnant ‘John Coltrane On The Jukebox’ ; oh…. rien de très jazz ici, on serait plus près d’un groupe comme Morphine, grâce à ce qu’elle fait de son saxo. D’ailleurs sur la pochette il est indiqué que ce titre est influencé par le ‘John Coltrane Stéréo Blues’ du Dream Syndicate, ce merveilleux groupe des 80’s mené par Steve Wynn. ‘Mississippi Moon’, composé par Marvin Etzioni, un des fondateurs du groupe Lone Justice et producteur de cet enregistrement, nous plonge dans une ambiance assez louisianaise, sous la lune avec les Neville Brothers. Tout à fait séduisant. Le climat se fait nettement plus rampant, lourd et orageux pour ‘A Dangerous Tender Man’, ‘Oh Glory Be’ ou le titre éponyme. Il faut dire qu’en plus de son saxophone dont elle fait une utilisation économe, mais très présente, soulignant ses titres de souffles gras, elle possède un organe vocal bluesy des plus séduisants. Une voix sèche qui vibre au fond de sa gorge, comme une vibration légèrement étouffée qui pourtant ne demanderait qu’à jaillir au plus loin. Autre reprise, le très bluegrass ‘The Mountain’ de Steve Earle, dont elle en donne ici une version solitaire, mélancolique, accompagnée par quelques notes de piano. Et puis ‘Love On Arrival’ ou, dans un silence des plus glaçants, Helen dépense ce qu’il lui reste de voix, caresse d’un souffle court son instrument à vent sur le son très gras d’une guitare électrique (Eric Heywood). C’est bref, c’est passionnant et on salue l’exercice. Une chanteuse à suivre. — Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon est le chroniqueur de disques sur Zeitgeist. Et pas n’importe lequel !!! Après des décennies et des études à Séville, Grenade, Paris, Londres, New York, Tokyo et Berlin, Juan a posé son vélo à Saint-Nazaire pour bosser dans un « CAC 40 » et parcourt tous les jours 12km avec une vieille bécane à pédales, traversant Méan et Penhoët pour rejoindre son « headquarter » bien (ou peu) chauffé en Brière. Juan parle 32 langues couramment et la langue qu’il maîtrise le mieux est celle de la musique. Ici vous trouverez l’écriture de Juan, une personne passionnée et attachante. Bref, un gentil bonhomme qui a toujours son chapeau vissé sur la tête afin de lutter contre le vent et le crachin celtique de notre région.