Tony Joe White / Bad Mouthin par Juan Marquez Léon

Tony Joe White /  Bad Mouthin / Genre : Blues des marais / Label : Yep roc Records / Distribution : Bertus France / Sortie mondiale le 28/09/18

Ce n’est pas exagéré de dire que cet homme de 75 balais représente à lui tout seul le Swamp Rock. On citera également ses copains fangeux, Slim Harpo, Lightning Slim, Lazy Lester, bref tout le bazar classieux d’Excello Records, puis Professor Longhair, Jimmy Reed (Little Rain), et bien sûr, Creedence Clearwater Revival, le Gun Club aussi. JJ Cale également pour cette flemme ou flegme si caractéristique des marais. Puis par chez nous, Johnny (‘Polk Salad Annie’ en duo avec ‘L’Homme’ quelque part à Nashville en 1984) et Joe Dassin tant qu’on y est! (‘Le Marché Aux Puces’). Pour cet album, le ‘lent boueux’ nous enchante avec un enregistrement live en studio ; ici, no synthé, no cuivres. ‘No noise !’ est le maître-mot. On entend que la voix d’un type serein mais genre ‘faites pas chier’, une guitare au son minimum et une santiag pour battre la mesure sur le parquet….. Pourtant, écoutez ‘Awful Dreams’ (Lightnin’ Hopkins) et vous comprendrez pourquoi ce type aurait du rencontrer le Suicide de Vega et Rev ; strict matos perché au dessus du vide existentiel : le Blues quoi. Souvent, l’harmonica souffle dans cet atmosphère caniculaire. Une batterie monotone apparaît ici et là, mais partout cette ambiance à ras du sol, à ras de tout. Un chant à faire trembler la terre aussi. Quand un artiste revient sur son passé par un jeu de clins d’œil, ce n’est jamais bon signe ; odeur de chêne. Ici le clin d’œil prend la forme de 2 chansons, enregistrées entre 1964 et 1966 sous le nom de Tony Joe And The Mojos pour le label texan, J.Beck Records. Il s’agit du titre éponyme et de ‘Sundown Blues’. Tony Joe s’est toujours considéré comme un musicien de Blues. Il nous le démontre avec 6 reprises de John Lee Hooker (un ‘Boom Boom’ hypnotique), Jimmy Reed, Lightning Hopkins, Big Joe Williams et Charlie Patton. Visite est aussi rendue au ‘Heartbreak Hotel’ du King, qui comme vous le savez, était un grand fan de ce ‘Roc des Bayous’. Pour le reste, il replonge dans son répertoire en y apportant ce style hanté, crépusculaire. Retour aux sources, je vous l’écris sans médisances, ‘Bad Mouthin ». — Juan Marquez Léon  ( Article paru dans Blues Again )

Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon est le chroniqueur de disques sur Zeitgeist. Et pas n’importe lequel !!! Après des décennies et des études à Séville, Grenade, Paris, Londres, New York, Tokyo et Berlin, Juan a posé son vélo à Saint-Nazaire pour bosser dans un « CAC 40 » et parcourt tous les jours 12km avec une vieille bécane à pédales, traversant Méan et Penhoët pour rejoindre son « headquarter » bien (ou peu) chauffé en Brière. Juan parle 32 langues couramment et la langue qu’il maîtrise le mieux est celle de la musique. Ici vous trouverez l’écriture de Juan, une personne passionnée et attachante. Bref, un gentil bonhomme qui a toujours son chapeau vissé sur la tête afin de lutter contre le vent et le crachin celtique de notre région.

Patcash / Restoring Neighborhood par Juan Marquez Léon

Patcash / Restoring Neighborhood
Label: OHM
Autoproduction

Disque de récits, disque de voyages, disque de rencontres mais aussi de rupture dans ‘Les Cévennes’, titre en boucle et aux couleurs années 80, une des 2 chansons en français du premier album de Patcash ; groupe Guérandais créé en 2009 autour de Charles Lesage et Andraus Siméon qui se partagent guitares et chant, la batterie revenant à Romain Sadoux. L’album enregistré au studio OHM de Saint Nazaire a été masterisé à NY par Alan Douches, un ti’gars qui s’est déjà occupé du cas Motorhead ou Fat Boy Slim entre autres….Au clavier, Romina Cadiz brode de légers chœurs (le rock mi-tempo ‘Grow’ qui ouvre l’album) tandis que Norman Boutet apporte une touche folk avec sa mandoline. ‘Mysty Mountains’ mélodie aérienne flottant au dessus des monts brumeux de la Terre du Milieu, référence à Tolkien. ‘Seagull’ débute rêveur pour se muter en une plainte country blues gospel, une guitare puissante déchire l’espace de ses riffs électriques tandis que la mandoline arpège au premier plan. En hollandais est chanté ‘De Lijm En De Leer’ tandis que ‘Cyborg’ nous amène dans un univers mélancolique, un sentiment aquatique formé par des claviers et cette mandoline qui danse au dessus des flots. ‘Aquatic’, justement est le titre du morceau suivant, dans un style hip hop. Ailleurs, je m’avancerais à rapprocher ‘Banjo Boost’, machin tout tordu, genre ‘Delivrance’, cabossé, punk hillbilly, comme chanté par le fils caché d’Hasil Adkins, perdu au milieu des monts Appalaches à ‘In Pyongyang’ inspiré d’un long séjour en Corée du Nord de Charles. Hasard de l’actualité mondiale Kim Jong-One Trumpienne? ‘Sally’, hantée, clôture cet excellent disque de son empreinte folk blues gothique. — Juan Marquez Léon


Patcash tourne souvent dans notre région, au delà, et entend bien continuer à le faire. Il sera présent prochainement lors de la soirée de clôture du Prix Pelloutier décerné à l’ un des 8 auteurs de bandes dessinées sélectionnés par le CCP de Saint-Nazaire.


Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon est le chroniqueur de disques sur Zeitgeist. Et pas n’importe lequel !!! Après des décennies et des études à Séville, Grenade, Paris, Londres, New York, Tokyo et Berlin, Juan a posé son vélo à Saint-Nazaire pour bosser dans un « CAC 40 » et parcourt tous les jours 12km avec une vieille bécane à pédales, traversant Méan et Penhoët pour rejoindre son « headquarter » bien (ou peu) chauffé en Brière. Juan parle 32 langues couramment et la langue qu’il maîtrise le mieux est celle de la musique. Ici vous trouverez l’écriture de Juan, une personne passionnée et attachante. Bref, un gentil bonhomme qui a toujours son chapeau vissé sur la tête afin de lutter contre le vent et le crachin celtique de notre région.

Beth Hart / Live From New York / Front And Center par Juan Marquez Léon

 

Beth Hart

Beth Hart / Live From New York / Front And Center / CD/DVD / Genre : Pop Rock / Label : Provoque / Distribution : Mascot Label Groupe

La belle revient avec un live assez inattendu. En effet, alors qu’elle remplit quand même des salles de tailles assez importantes, l’option a été cette fois ci (ses précédents live étant l’incandescent ‘Live At Paradiso‘ de 2005 puis le ‘Live At Amsterdam‘ avec Joe Bonamassa de 2014) d’enregistrer dans un club pouvant contenir 200 personnes maxi, le ‘Iridium Jazz Club‘ de New York City. Ambiance feutrée et intimiste donc en ce 7 mars 2017 dans le cadre d’une Série TV de concerts sur WLIW. De plus, le choix s’étant porté sur l’interprétation de titres moins connus, 3 titres seulement proviennent de son ‘Fire On The Floor‘ de 2016, il n’est nullement question ici d’un Best Of en public. Pari osé me direz vous, mais qui, pour ma part, est intéressant parce qu’il dévoile une autre facette de son répertoire. Cette soirée est constituée de nombreuses ballades, irlandaise comme ‘St.Teresa‘, bluesy ou soul.

Beth est seule au piano pour ‘As Long As I Have A Song‘. Les tourments d’hier sont loin maintenant, la dame reste fragile mais semble bien entourée. Il y a quand même un blues assez intense dédié à sa mère, ‘Baddest Blues‘, puis un magnifique ‘Broken And Ugly‘ dans lequel sa voix scande une déflagration de rythm ‘n blues. Reste 3 rocks bien enlevés, dont 2 où est invité Sonny Landreth. ‘For My Friends‘ prend même l’allure d’un rock blues à la Cream/ Hendrix. Les acteurs sont John Nichols (guitare), Bob Marnelli (basse), Bill Ranson (batterie). Le DVD, que je n’ai pas reçu, comporterait des tires bonus en acoustique, des images du concert, et une interview. En définitive, un live relativement calme et une ambiance très club. Le chant de Beth Hart, comme à l’accoutumée, reste impressionnant en terme de profondeur et de sentiments exprimés. Une très grande chanteuse. — Juan Marquez Léon. ( Article paru dans Blues Again )

Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon est le chroniqueur de disques sur Zeitgeist. Et pas n’importe lequel !!! Après des décennies et des études à Séville, Grenade, Paris, Londres, New York, Tokyo et Berlin, Juan a posé son vélo à Saint-Nazaire pour bosser dans un « CAC 40 » et parcourt tous les jours 12km avec une vieille bécane à pédales, traversant Méan et Penhoët pour rejoindre son « headquarter » bien (ou peu) chauffé en Brière. Juan parle 32 langues couramment et la langue qu’il maîtrise le mieux est celle de la musique. Ici vous trouverez l’écriture de Juan, une personne passionnée et attachante. Bref, un gentil bonhomme qui a toujours son chapeau vissé sur la tête afin de lutter contre le vent et le crachin celtique de notre région.

Josh T. Pearson / The Straight Hits / by Juan Marquez Léon

Josh T. Pearson / The Straight Hits / 2017 / Mute Records

Réédition d’un double album fleuve que certains considèrent comme le dernier chef d’oeuvre du rock. Un remixage impressionnant du seul et unique album de Lift To Experience ‘The Texas Jer.USA.lem Crossroads‘ paru initialement en 2001. L’engin se situait entre Jeff Buckley et My Bloody Valentine. Un groupe de 3 Texans mal rasés et dont un des membres portait un chapeau de cowboy poussiéreux pour un déluge de psaumes incendiés de guitares messianiques. Mixée par le Cocteau Twins, Simon Raymonde, cette flamboyance christo-romantique était produit par Josh T. Pearson, le chanteur guitariste leader du trio, un fils de pasteur venu de nulle part. En ce début de siècle, l’album m’avait fort impressionné. Et puis…plus rien. Le ‘lonesome cowboy’ s’était évaporé dans le désert. Pearson vécu de petits boulots sans pour autant quitter la musique et la scène en solo ou en collaborant avec My Bloody Valentine, Dirty Three. Un single reprise d’Hank Williams et des titres pour le cinéma, une vie erratique entre le Texas, Berlin et Paris jusqu’en 2011. Puis, surprise la sortie de ‘Last Of The Country Gentlemen’, album acoustique sous son seul nom et encensé par la presse spécialisée.

Et v’la pas que sort en 2018 ce ‘The Straight Hits’. Le type a de l’humour…, nous pondre un album de hits alors qu’il s’est passé 17 ans entre le premier et celui ci. Il s’agit là en quelque sorte, bien inattendue, d’un concept album autour du terme ‘Straight’. Tous les titres possèdent ce mot : droit et direct. Le constat est là c’est une véritable claque…rien entendu de tel depuis le premier Gun Club, Flesh Eaters ou récemment, les regrettés The Amazing Snikeheads. Une country hantée. ‘Straight To The Top’ est à rapprocher des Cramps tellement ce rockabilly punk est possédé….Dieu ce son! ‘Straight At me’ et son clavier sonne comme un titre de ? Mark And Mysterians ou des Stranglers. ‘Straight Laced Come Undone’ nous ramène à son album folk. ‘Damn Straights’, et surtout ‘Loved Straight To Hell’ pour cette intensité romantique et désespérée, qui rappelle Lift To Experience, sont à situer juste à côté de Tamino, ce jeune géant qui démarre actuellement. Un truc de crooner de fête foraine se nomme ‘The Dire Straits Of Love’… hilarant !

Et la grande chose, ‘A Love Song (Set Me Straight) avec sa trompette à la Pale Fountains de Liverpool emporte divinement tout. Un final pour touches de piano (?) suspendues pour ‘Straight Download Again’ en attendant d’être nommé meilleur album de l’année. Aux dernières nouvelles le gars s’est rasé la barbe…mais porte toujours un Stetson sur la tête. — Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon est le chroniqueur de disques sur Zeitgeist. Et pas n’importe lequel !!! Après des décennies et des études à Séville, Grenade, Paris, Londres, New York, Tokyo et Berlin, Juan a posé son vélo à Saint-Nazaire pour bosser dans un « CAC 40 » et parcourt tous les jours 12km avec une vieille bécane à pédales, traversant Méan et Penhoët pour rejoindre son « headquarter » bien (ou peu) chauffé en Brière. Juan parle 32 langues couramment et la langue qu’il maîtrise le mieux est celle de la musique. Ici vous trouverez l’écriture de Juan, une personne passionnée et attachante. Bref, un gentil bonhomme qui a toujours son chapeau vissé sur la tête afin de lutter contre le vent et le crachin celtique de notre région.

Archi Deep / Archi Deep / par Juan Marquez Léon

Archi Deep / Archi Deep / Autoproduction Arthur Di Piazza
Mail : contact@archideep.com

Adieu les Monkeyshakers, la précédente formation d’Arthur Di Piazza qui s’était offert le bonheur d’enregistrer jusqu’à Memphis ; voici donc le duo Archi Deep. Toujours dans une veine bien chromée à la Queen Of The Stone Age (‘With No Money No Time’), ce groupe insulaire de l’Ile d’Oléron, nous offre ce nouveau 6 titres. Le batteur en ce qui concerne le duo sur scène est Camille Sullet, viennent ensuite les claviers et orgues de Frédéric Scamps, la guitare acoustique de Lucas Thiefaine sur ‘I’ll Be By Your Side’ et la rythmique sur ‘Lose My Mind’. L’objet de cette chronique a été réalisé et arrangé par Dominique Ledudal, Lucas Thiéfaine, Frédéric Scamps et Arthur. ‘Lose My Mind’ avec ses senteurs de Red Hot Chili Peppers ouvre le mini CD avec force. La guitare électrique à travers moult effets bâtit un mur sonique. La post production au mix dans ‘The Thrill To Kill’ nous ferait même croire que c’est Jack White et sa Telecaster qui se sont pointés en studio. ‘I’m Just A Man’ sorte de blues acoustique sur lequel se greffent au fur et à mesure, batterie et riffs de guitare électrique pour finir sur une accélération punk du meilleur effet. Arthur est un sacré bon chanteur. On entend dans l’ intro de ‘Hey’ comme une roue qui tourne.

Celle ci nous renvoie direct plus de 40 ans dans le passé, à une époque où Eric Clapton et Steve Winwood formaient cette formation nommée Blind Faith ; une merveille de mélodie acoustique que ce titre. ‘I’ll Be By Your Side’ et ses ‘Ooh Ooh…!!!!’ à la Rolling Stones devrait bien dépoter en public. Hey les gars! si vous passez par chez moi, je rapplique — Juan Marquez Léon.

Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon est le chroniqueur de disques sur Zeitgeist. Et pas n’importe lequel !!! Après des décennies et des études à Séville, Grenade, Paris, Londres, New York, Tokyo et Berlin, Juan a posé son vélo à Saint-Nazaire pour bosser dans un « CAC 40 » et parcourt tous les jours 12km avec une vieille bécane à pédales, traversant Méan et Penhoët pour rejoindre son « headquarter » bien (ou peu) chauffé en Brière. Juan parle 32 langues couramment et la langue qu’il maîtrise le mieux est celle de la musique. Ici vous trouverez l’écriture de Juan, une personne passionnée et attachante. Bref, un gentil bonhomme qui a toujours son chapeau vissé sur la tête afin de lutter contre le vent et le crachin celtique de notre région.

The Rockwell Avenue Blues Band  / Back To Chicago / par Juan Marquez Léon

The Rockwell Avenue Blues Band /Back To Chicago / Label : Delmark

La marque à la lettre D a encore frappé très fort. Faut il le rappeler? Delmark, fondé en 1953, est le plus ancien label de blues chicagoan encore en activité. ‘Back To Chicago’ donc. Ken Saydak, 40 ans de carrière (chant et claviers pour Johnny Winter, Lonnie Brooks, Mighty Joe Young….),  co-fondateur en son temps des Big Shoulders a eu l’idée de réunir en studio des vétérans de studio de ce prestigieux label. C’est ainsi que l’on retrouve l’excellent harmoniciste et chanteur Tad Robinson, ayant fait partie également des Big Shoulders. Le chanteur guitariste Steve Freund, qui a commencé chez Sunnyland Slim et qui depuis aligne au compteur plus de 50 albums de la maison Delmark en tant que sideman, dont un Grammy pour sa participation au ‘Blues Explosion’ de Koko Taylor. Le bassiste est Harlan Terson (Lonnie Brooks, Otish Rush, Jimmy Rogers…). Le batteur se nomme Marty Bonder (Junior Wells, Buddy Guy, Eric Clapton, Albert Collins….).

Vu les CV de ces messieurs, il serait complètement déplacé de leur rappeler la révision de leur blues avant d’enregistrer. Ces types ont ça dans les veines et ça s’entend : l’album n’a nécessité que 3 jours d’enregistrement. La moitié du disque est constitué de compositions plutôt soul blues voir gospel (‘We Believe’) et c’est Tad Robinson qui s’y colle, tant sa voix et son chant sont à la hauteur de cette musique ‘de l’âme’. Si l’on écarte la dernière chanson ‘Dream’, rêveuse et mélodique, composée et interprétée par le pianiste Ken Saydak, le restant est constitué de blues de ce dernier ou  écrits par le guitariste Steve Freund.

Boogie à la manière de ‘Green Onions’ de Booker T. And The Mg’s avec ‘Boogie In The Rain’, des blues lents ou mid tempo, aux couleurs louisianaises (‘Stranger Blues’). Il y a comme un vent de liberté dans ces blues. Dans son intervention personne n’y est systématique ou ‘attendu’. Au contraire, chacun y évolue avec aisance dans une parfaite harmonie d’ensemble. C’est la marque des plus grands. Merci messieurs pour nous offrir une telle musique. — Juan Marquez Léon

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Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon est le chroniqueur de disques sur Zeitgeist. Et pas n’importe lequel !!! Après des décennies et des études à Séville, Grenade, Paris, Londres, New York, Tokyo et Berlin, Juan a posé son vélo à Saint-Nazaire pour bosser dans un « CAC 40 » et parcourt tous les jours 12km avec une vieille bécane à pédales, traversant Méan et Penhoët pour rejoindre son « headquarter » bien (ou peu) chauffé en Brière. Juan parle 32 langues couramment et la langue qu’il maîtrise le mieux est celle de la musique. Ici vous trouverez l’écriture de Juan, une personne passionnée et attachante. Bref, un gentil bonhomme qui a toujours son chapeau vissé sur la tête afin de lutter contre le vent et le crachin celtique de notre région.

Brian Lopez / Prelude / par Juan Marquez Léon

Brian Lopez / Prelude
Dust & Stone Recordings

Ceux qui étaient au festival Folk En Scènes le vendredi 23 mars à Montoir de Bretagne sont au courant ; le nouveau Brian Lopez sortait tout frais tout neuf le même jour que son concert salle Bonne Fontaine. Par contre, ce qu’ils ne savent pas, s’ils ne se sont pas procurés ce nouveau disque, c’est qu’il est très différent de ce que Brian Lopez nous offrit ce soir là en ‘live’. En effet, son show fut en formation serrée avec les Nantais de Space Cowboys, toutes guitares électriques en avant. Super concert cela dit. Que ceux qui ne connaissent pas y courent s’il passe par chez eux. Et puis, par la même occasion, citons Gabriel Sullivan avec qui il forme XIXA. Toute cette scène de Tucson est à découvrir : Calexico, Giant Sand, Al Foul, Billy Sedlmayr, Tom Walbank et tant d’autres que Laurent ‘French Tourist’ Allinger le Nantais nous a fait découvrir en créant ce pont entre la Loire Atlantique et l’Arizona. Merci à lui donc. Pour en revenir à ‘Prelude’ ; disque acoustique et ambiance lo-fi, enregistré à la maison , il y joue de la plupart des instruments, guitare, piano, synthé. On y remarque aussi différentes sources extérieures. Sons de la nuit et de l’aube, comme ce chant des oiseaux dans ‘Synapsis Will Pay’. On pense à la mélancolie introspective d’un Nick Drake, ou à la légèreté psychédélique d’un Syd Barrett. Musique simple et d’une grande poésie, une expression de la nostalgie du temps qui passe, à l’image de cette photo de l’enfant qu’il a été? Prélude à un renouveau artistique chez cet artiste majeur, certainement! — Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon est le chroniqueur de disques sur Zeitgeist. Et pas n’importe lequel !!! Après des décennies et des études à Séville, Grenade, Paris, Londres, New York, Tokyo et Berlin, Juan a posé son vélo à Saint-Nazaire pour bosser dans un « CAC 40 » et parcourt tous les jours 12km avec une vieille bécane à pédales, traversant Méan et Penhoët pour rejoindre son « headquarter » bien (ou peu) chauffé en Brière. Juan parle 32 langues couramment et la langue qu’il maîtrise le mieux est celle de la musique. Ici vous trouverez l’écriture de Juan, une personne passionnée et attachante. Bref, un gentil bonhomme qui a toujours son chapeau vissé sur la tête afin de lutter contre le vent et le crachin celtique de notre région.

Fabienne Shine / Don’t Tell Me How To Shake It / par Juan Marquez Léon

Fabienne Shine / Don’t Tell Me How To Shake It
Genre : Hard Rock.
Label : Autoproduction

Retour de Fabienne Shine en grande forme. La vie de cette femme qui a choisi de vivre libre depuis son départ de sa Tunisie natale est un véritable roman. De sa découverte du Rock’n Roll, à ses débuts dans le cinéma ( ‘Roma’ de Fellini), de sa tournée américaine avec Led Zeppelin alors qu’elle est la compagne de Jimmy Page, à la création de son groupe ‘Speedball’ où officiaient Louis Bertignac et Corinne Marienneau avant l’ouragan Téléphone, et la naissance du meilleur groupe de hard rock français Shakin Street,  sa vie n’est que rencontres, amicales ou amoureuses, mais toujours enrichissantes. La liste est longue : Aznavour, Jean Pierre Léaud, Dali, Klaus Kinski, Rolling Stones, Rick Wright du Floyd, Bob Marley, Ike Turner, Johnny Thunders qui lui dédiera son ‘You Can’t Put Your Arms Around A Memory’, Nico, Patti Smith, Chrissie Hynde, Damon Edge dont elle fût l’épouse 10 années.

Une sacrée destinée qui a fait d’elle une véritable muse du Rock’n’roll. La revoici donc avec un album du tonnerre de feu. On retrouve les frangins Bouchard du Blue Oyster Cult, le fidèle Ross The Boss des Dictators, Norbert ‘Nono’ Krief de Trust, Freddie Katz et pleins d’autres bons amis. Fabienne à toujours cette voix de panthère miaulante, rugissante sur des murs de guitares d’acier chromé. ‘The World And Me’ ouvre l’album comme un hymne lancinant. Le travail des voix avec Tish and Snooky, ex-choriste de Blondie  est formidable tandis que Freddie Katz est le killer en chef aux guitares ‘lead And rythm’. Cela continue avec le titre éponyme, et il est évident qu’on ne demandera pas à Fabienne comment on doit s’y prendre pour ‘secouer’ le sujet…’I Got To Fly’ et ‘Worth More When I’m Dead’ sont du même alliage ; félinité et carbone. Impressionnant. Ensuite hommage est rendu à ‘Candy Darling’, actrice trans chez Paul Morrissey en 1968 dans ‘Flesh’ et qui est citée dans le ‘Walk On The Wild Side’ de Lou Reed.

Un des sommets de l’album. Fabienne aérienne. Sa voix tellement sensuelle susurre en nous. One two, one two three….. et c’est l’arrivée des frères Bouchard à la rythmique basse batterie et de Ross The Boss à la 6 cordes dans le très Shakin Street ‘I’m You Girl’. Ici tout homme normalement bien constitué devrait céder. Nono arrive dans ‘Curly waves’, rock’n Roll à la Ramones. Il y a de l’harmonica et je suis sûr que c’est Fab. Et puis il y a plus de 30 ans le 3eme album de Shakin Street avait été écrit en français. Refusé par le label, cela a dû entraîner la fin du groupe. On retrouve ici 2 de ces titres ‘Je Suis Une Fille De Nulle Part’ et ‘J’aime Marcher Dans Les Courants D’Air’. Avec Mike Winter et Aurélien Ouzoulias à la section rythmique ça pilonne dur. Surprenant, l’album se clôt sur une très jolie interprétation de ‘Here Comes The Sun’ de George ‘Beatle’ Harrison.

Un titre qui a sûrement marqué Fabienne durant ses jeunes années londoniennes …. Madame Essaïgh, on vous attend maintenant en tournée, et surtout….faites nous encore des albums de cette trempe. Chapeau bas. — Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon est le chroniqueur de disques sur Zeitgeist. Et pas n’importe lequel !!! Après des décennies et des études à Séville, Grenade, Paris, Londres, New York, Tokyo et Berlin, Juan a posé son vélo à Saint-Nazaire pour bosser dans un « CAC 40 » et parcourt tous les jours 12km avec une vieille bécane à pédales, traversant Méan et Penhoët pour rejoindre son « headquarter » bien (ou peu) chauffé en Brière. Juan parle 32 langues couramment et la langue qu’il maîtrise le mieux est celle de la musique. Ici vous trouverez l’écriture de Juan, une personne passionnée et attachante. Bref, un gentil bonhomme qui a toujours son chapeau vissé sur la tête afin de lutter contre le vent et le crachin celtique de notre région.

Karen Dalton / It’s So Hard To Tell Who’s Going To Love You The Best / par Juan Marquez Léon

Karen Dalton / It’s So Hard To Tell Who’s Going To Love You The Best
Folk blues jazz
1969

Au Café Wha? en plein Greenwich Village début des 60’s c’était la star. Tout le monde venait écouter cette Irlandaise Cherokee. Y compris ses amis Tim Hardin et Bob Dylan. D’ailleurs ce dernier ne l’oubliera pas et la citera plus de 50 ans après lors de son discours de remise de son Prix Nobel 2017. Oubliez les Fitzgerald, Vaughan, Simone, ou autres Dusty, Janis, Dionne ou Aretha, la Dalton les surpassant toutes. Je n’en connais que deux qui sont au même niveau. Billie Hollyday et….Amy Winehouse. Surnommée la Hillibilly Hollyday parce que son répertoire vient du blues ou de la country primitive des Appalaches, elle chante sa tristesse, son spleen comme une trompette de jazz bouchée. Alors que son avenir est tout tracé vers un succès certain, elle quitte tout avec sa fille (à 16 ans la garde de son 1er lui est retirée) pour vivre dans une caravane et élever des chevaux dans le Colorado. Incompréhension totale (The Band et Dylan ‘Katie’s Been gone’ 1967) , elle décidera dorénavant de vivre recluse. Fred Neil la retrouve et en 1969 lui propose cet enregistrement. Aucune composition, que des reprises : Jelly Roll Morton, Eddy Floyd, Leroy Carr, Tim Hardin, Leadbelly et ….Fred Neil. Sobre, dévasté, cet album est une beauté funeste, un diamant noir, quelque chose d’incomparable dans la musique populaire. Seulement pressé à quelques milliers d’exemplaires, le disque est un bide commercial. Retour chez sa mère en Oklahoma. Elle survit. Petits boulots. Concerts dans des bars. Amérique profonde. Un second album en 1971 ‘In My Own Time’ au son plus moderne avec le titre préféré de Nick Cave ‘Katie Cruel’. Second bide. Désabusée, s’en est fini pour elle de cette carrière de musicienne professionnelle. Elle disparaîtra en 1993 à l’âge de 55 ans. Selon les versions, SDF dans les rues de New York, ou d’un SIDA non traité, ou dans un appartement confortable devant sa TV…. l’histoire et la vérité restent à écrire. Sa fille est toujours en vie. —  (c)  Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon est le chroniqueur de disques sur Zeitgeist. Et pas n’importe lequel !!! Après des décennies et des études à Séville, Grenade, Paris, Londres, New York, Tokyo et Berlin, Juan a posé son vélo à Saint-Nazaire pour bosser dans un « CAC 40 » et parcourt tous les jours 12km avec une vieille bécane à pédales, traversant Méan et Penhoët pour rejoindre son « headquarter » bien (ou peu) chauffé en Brière. Juan parle 32 langues couramment et la langue qu’il maîtrise le mieux est celle de la musique. Ici vous trouverez l’écriture de Juan, une personne passionnée et attachante. Bref, un gentil bonhomme qui a toujours son chapeau vissé sur la tête afin de lutter contre le vent et le crachin celtique de notre région.

Mélanie De Biasio / Lilies / par Juan Marquez Léon

Mélanie De Biasio / Lilies
2017
Genre : Jazz Blues Électro.

Il s’en est passé des choses depuis le Conservatoire Royal de Bruxelles dans les années 90 où cette chanteuse y étudie le chant. Entre autres, une inflammation pulmonaire lors d’une tournée en Russie la laissant sans voix durant toute une année, ce qui va modifier définitivement son expression vocale, surtout au niveau de la respiration, et donc des silences. Puis la sortie en 2007 d’un album très jazz, entre ombres et lumières ‘A Stomach Is Burning’. Magnifique version de ‘My Man’s Gone Now’, une Billie Holiday chantant chez ECM.

‘Les Hommes Endormis’, cette chanson d’une femme sur nous, les hommes. Quelle sensibilité ! C’est simplement beau. Le succès, la reconnaissance viendront en 2013 avec le second album. ‘No Deal’. Sobre et sensuel, une beauté sombre dans un clair-obscur. Son chant devient de plus en plus blues. Écoutez ‘With All My Love’, ce piano à la Bill Evans pour ses silences. Il est évident que dorénavant nous avons affaire à une artiste exceptionnelle. Et comme Mélanie se sent désormais libre de publier ce qu’elle veut, voilà qu’en 2016 elle nous offre ‘Blackened Cities’, un EP de 24′. Un vinyle avec une seule face et un seul titre! Un hommage à sa ville de naissance, Charleroi l’Industrielle. Un long poème expérimental où toujours les silences laissent filtrer la lumière. Superbe photo de pochette.

Fin 2017 sort donc ‘Lilies’. Les petites touches électro que l’on trouvait d’ici de là sur les précédentes publications sont ici assumées. Le blues tendance ‘work songs’ est de plus en plus présent. On pense au travail de Portishead ou de Mark Hollis de Talk Talk. La froideur de ‘Gold Junkies’, la troublante sérénité de notes en suspension de ‘Lilies’ côtoient les rythmes tribaux de ‘Let Me Love You’ ou les beats et autres samples d’ ‘Afro Blue’, chouette reprise de Mongo Santamaría. ‘Sitting In The Stairwell’ est un murmure sur un claquement de doigt, comme une lointaine work song de prisonniers du sud des Etats Unis.

Les titres sont traversés de silences encore, de souffles comme des vents d’hivers, le chant est susurrè. ‘Brother’ appelle au recueillement tandis que la pulsation de nos cœurs maltraités s’entend dans ‘And My Heart Goes On’. ‘Lilies’, froid et sensuel, est dans sa profondeur, un disque de solitude, mais aussi d’amour. Un disque extrême en quelque sorte.– (c)  Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon est le chroniqueur de disques sur Zeitgeist. Et pas n’importe lequel !!! Après des décennies et des études à Séville, Grenade, Paris, Londres, New York, Tokyo et Berlin, Juan a posé son vélo à Saint-Nazaire pour bosser dans un « CAC 40 » et parcourt tous les jours 12km avec une vieille bécane à pédales, traversant Méan et Penhoët pour rejoindre son « headquarter » bien (ou peu) chauffé en Brière. Juan parle 32 langues couramment et la langue qu’il maîtrise le mieux est celle de la musique. Ici vous trouverez l’écriture de Juan, une personne passionnée et attachante. Bref, un gentil bonhomme qui a toujours son chapeau vissé sur la tête afin de lutter contre le vent et le crachin celtique de notre région.