Josh T. Pearson / The Straight Hits / by Juan Marquez Léon

Josh T. Pearson / The Straight Hits / 2017 / Mute Records

Réédition d’un double album fleuve que certains considèrent comme le dernier chef d’oeuvre du rock. Un remixage impressionnant du seul et unique album de Lift To Experience ‘The Texas Jer.USA.lem Crossroads‘ paru initialement en 2001. L’engin se situait entre Jeff Buckley et My Bloody Valentine. Un groupe de 3 Texans mal rasés et dont un des membres portait un chapeau de cowboy poussiéreux pour un déluge de psaumes incendiés de guitares messianiques. Mixée par le Cocteau Twins, Simon Raymonde, cette flamboyance christo-romantique était produit par Josh T. Pearson, le chanteur guitariste leader du trio, un fils de pasteur venu de nulle part. En ce début de siècle, l’album m’avait fort impressionné. Et puis…plus rien. Le ‘lonesome cowboy’ s’était évaporé dans le désert. Pearson vécu de petits boulots sans pour autant quitter la musique et la scène en solo ou en collaborant avec My Bloody Valentine, Dirty Three. Un single reprise d’Hank Williams et des titres pour le cinéma, une vie erratique entre le Texas, Berlin et Paris jusqu’en 2011. Puis, surprise la sortie de ‘Last Of The Country Gentlemen’, album acoustique sous son seul nom et encensé par la presse spécialisée.

Et v’la pas que sort en 2018 ce ‘The Straight Hits’. Le type a de l’humour…, nous pondre un album de hits alors qu’il s’est passé 17 ans entre le premier et celui ci. Il s’agit là en quelque sorte, bien inattendue, d’un concept album autour du terme ‘Straight’. Tous les titres possèdent ce mot : droit et direct. Le constat est là c’est une véritable claque…rien entendu de tel depuis le premier Gun Club, Flesh Eaters ou récemment, les regrettés The Amazing Snikeheads. Une country hantée. ‘Straight To The Top’ est à rapprocher des Cramps tellement ce rockabilly punk est possédé….Dieu ce son! ‘Straight At me’ et son clavier sonne comme un titre de ? Mark And Mysterians ou des Stranglers. ‘Straight Laced Come Undone’ nous ramène à son album folk. ‘Damn Straights’, et surtout ‘Loved Straight To Hell’ pour cette intensité romantique et désespérée, qui rappelle Lift To Experience, sont à situer juste à côté de Tamino, ce jeune géant qui démarre actuellement. Un truc de crooner de fête foraine se nomme ‘The Dire Straits Of Love’… hilarant !

Et la grande chose, ‘A Love Song (Set Me Straight) avec sa trompette à la Pale Fountains de Liverpool emporte divinement tout. Un final pour touches de piano (?) suspendues pour ‘Straight Download Again’ en attendant d’être nommé meilleur album de l’année. Aux dernières nouvelles le gars s’est rasé la barbe…mais porte toujours un Stetson sur la tête. — Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon est le chroniqueur de disques sur Zeitgeist. Et pas n’importe lequel !!! Après des décennies et des études à Séville, Grenade, Paris, Londres, New York, Tokyo et Berlin, Juan a posé son vélo à Saint-Nazaire pour bosser dans un « CAC 40 » et parcourt tous les jours 12km avec une vieille bécane à pédales, traversant Méan et Penhoët pour rejoindre son « headquarter » bien (ou peu) chauffé en Brière. Juan parle 32 langues couramment et la langue qu’il maîtrise le mieux est celle de la musique. Ici vous trouverez l’écriture de Juan, une personne passionnée et attachante. Bref, un gentil bonhomme qui a toujours son chapeau vissé sur la tête afin de lutter contre le vent et le crachin celtique de notre région.

Archi Deep / Archi Deep / par Juan Marquez Léon

Archi Deep / Archi Deep / Autoproduction Arthur Di Piazza
Mail : contact@archideep.com

Adieu les Monkeyshakers, la précédente formation d’Arthur Di Piazza qui s’était offert le bonheur d’enregistrer jusqu’à Memphis ; voici donc le duo Archi Deep. Toujours dans une veine bien chromée à la Queen Of The Stone Age (‘With No Money No Time’), ce groupe insulaire de l’Ile d’Oléron, nous offre ce nouveau 6 titres. Le batteur en ce qui concerne le duo sur scène est Camille Sullet, viennent ensuite les claviers et orgues de Frédéric Scamps, la guitare acoustique de Lucas Thiefaine sur ‘I’ll Be By Your Side’ et la rythmique sur ‘Lose My Mind’. L’objet de cette chronique a été réalisé et arrangé par Dominique Ledudal, Lucas Thiéfaine, Frédéric Scamps et Arthur. ‘Lose My Mind’ avec ses senteurs de Red Hot Chili Peppers ouvre le mini CD avec force. La guitare électrique à travers moult effets bâtit un mur sonique. La post production au mix dans ‘The Thrill To Kill’ nous ferait même croire que c’est Jack White et sa Telecaster qui se sont pointés en studio. ‘I’m Just A Man’ sorte de blues acoustique sur lequel se greffent au fur et à mesure, batterie et riffs de guitare électrique pour finir sur une accélération punk du meilleur effet. Arthur est un sacré bon chanteur. On entend dans l’ intro de ‘Hey’ comme une roue qui tourne.

Celle ci nous renvoie direct plus de 40 ans dans le passé, à une époque où Eric Clapton et Steve Winwood formaient cette formation nommée Blind Faith ; une merveille de mélodie acoustique que ce titre. ‘I’ll Be By Your Side’ et ses ‘Ooh Ooh…!!!!’ à la Rolling Stones devrait bien dépoter en public. Hey les gars! si vous passez par chez moi, je rapplique — Juan Marquez Léon.

Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon est le chroniqueur de disques sur Zeitgeist. Et pas n’importe lequel !!! Après des décennies et des études à Séville, Grenade, Paris, Londres, New York, Tokyo et Berlin, Juan a posé son vélo à Saint-Nazaire pour bosser dans un « CAC 40 » et parcourt tous les jours 12km avec une vieille bécane à pédales, traversant Méan et Penhoët pour rejoindre son « headquarter » bien (ou peu) chauffé en Brière. Juan parle 32 langues couramment et la langue qu’il maîtrise le mieux est celle de la musique. Ici vous trouverez l’écriture de Juan, une personne passionnée et attachante. Bref, un gentil bonhomme qui a toujours son chapeau vissé sur la tête afin de lutter contre le vent et le crachin celtique de notre région.

The Rockwell Avenue Blues Band  / Back To Chicago / par Juan Marquez Léon

The Rockwell Avenue Blues Band /Back To Chicago / Label : Delmark

La marque à la lettre D a encore frappé très fort. Faut il le rappeler? Delmark, fondé en 1953, est le plus ancien label de blues chicagoan encore en activité. ‘Back To Chicago’ donc. Ken Saydak, 40 ans de carrière (chant et claviers pour Johnny Winter, Lonnie Brooks, Mighty Joe Young….),  co-fondateur en son temps des Big Shoulders a eu l’idée de réunir en studio des vétérans de studio de ce prestigieux label. C’est ainsi que l’on retrouve l’excellent harmoniciste et chanteur Tad Robinson, ayant fait partie également des Big Shoulders. Le chanteur guitariste Steve Freund, qui a commencé chez Sunnyland Slim et qui depuis aligne au compteur plus de 50 albums de la maison Delmark en tant que sideman, dont un Grammy pour sa participation au ‘Blues Explosion’ de Koko Taylor. Le bassiste est Harlan Terson (Lonnie Brooks, Otish Rush, Jimmy Rogers…). Le batteur se nomme Marty Bonder (Junior Wells, Buddy Guy, Eric Clapton, Albert Collins….).

Vu les CV de ces messieurs, il serait complètement déplacé de leur rappeler la révision de leur blues avant d’enregistrer. Ces types ont ça dans les veines et ça s’entend : l’album n’a nécessité que 3 jours d’enregistrement. La moitié du disque est constitué de compositions plutôt soul blues voir gospel (‘We Believe’) et c’est Tad Robinson qui s’y colle, tant sa voix et son chant sont à la hauteur de cette musique ‘de l’âme’. Si l’on écarte la dernière chanson ‘Dream’, rêveuse et mélodique, composée et interprétée par le pianiste Ken Saydak, le restant est constitué de blues de ce dernier ou  écrits par le guitariste Steve Freund.

Boogie à la manière de ‘Green Onions’ de Booker T. And The Mg’s avec ‘Boogie In The Rain’, des blues lents ou mid tempo, aux couleurs louisianaises (‘Stranger Blues’). Il y a comme un vent de liberté dans ces blues. Dans son intervention personne n’y est systématique ou ‘attendu’. Au contraire, chacun y évolue avec aisance dans une parfaite harmonie d’ensemble. C’est la marque des plus grands. Merci messieurs pour nous offrir une telle musique. — Juan Marquez Léon

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Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon est le chroniqueur de disques sur Zeitgeist. Et pas n’importe lequel !!! Après des décennies et des études à Séville, Grenade, Paris, Londres, New York, Tokyo et Berlin, Juan a posé son vélo à Saint-Nazaire pour bosser dans un « CAC 40 » et parcourt tous les jours 12km avec une vieille bécane à pédales, traversant Méan et Penhoët pour rejoindre son « headquarter » bien (ou peu) chauffé en Brière. Juan parle 32 langues couramment et la langue qu’il maîtrise le mieux est celle de la musique. Ici vous trouverez l’écriture de Juan, une personne passionnée et attachante. Bref, un gentil bonhomme qui a toujours son chapeau vissé sur la tête afin de lutter contre le vent et le crachin celtique de notre région.

Brian Lopez / Prelude / par Juan Marquez Léon

Brian Lopez / Prelude
Dust & Stone Recordings

Ceux qui étaient au festival Folk En Scènes le vendredi 23 mars à Montoir de Bretagne sont au courant ; le nouveau Brian Lopez sortait tout frais tout neuf le même jour que son concert salle Bonne Fontaine. Par contre, ce qu’ils ne savent pas, s’ils ne se sont pas procurés ce nouveau disque, c’est qu’il est très différent de ce que Brian Lopez nous offrit ce soir là en ‘live’. En effet, son show fut en formation serrée avec les Nantais de Space Cowboys, toutes guitares électriques en avant. Super concert cela dit. Que ceux qui ne connaissent pas y courent s’il passe par chez eux. Et puis, par la même occasion, citons Gabriel Sullivan avec qui il forme XIXA. Toute cette scène de Tucson est à découvrir : Calexico, Giant Sand, Al Foul, Billy Sedlmayr, Tom Walbank et tant d’autres que Laurent ‘French Tourist’ Allinger le Nantais nous a fait découvrir en créant ce pont entre la Loire Atlantique et l’Arizona. Merci à lui donc. Pour en revenir à ‘Prelude’ ; disque acoustique et ambiance lo-fi, enregistré à la maison , il y joue de la plupart des instruments, guitare, piano, synthé. On y remarque aussi différentes sources extérieures. Sons de la nuit et de l’aube, comme ce chant des oiseaux dans ‘Synapsis Will Pay’. On pense à la mélancolie introspective d’un Nick Drake, ou à la légèreté psychédélique d’un Syd Barrett. Musique simple et d’une grande poésie, une expression de la nostalgie du temps qui passe, à l’image de cette photo de l’enfant qu’il a été? Prélude à un renouveau artistique chez cet artiste majeur, certainement! — Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon est le chroniqueur de disques sur Zeitgeist. Et pas n’importe lequel !!! Après des décennies et des études à Séville, Grenade, Paris, Londres, New York, Tokyo et Berlin, Juan a posé son vélo à Saint-Nazaire pour bosser dans un « CAC 40 » et parcourt tous les jours 12km avec une vieille bécane à pédales, traversant Méan et Penhoët pour rejoindre son « headquarter » bien (ou peu) chauffé en Brière. Juan parle 32 langues couramment et la langue qu’il maîtrise le mieux est celle de la musique. Ici vous trouverez l’écriture de Juan, une personne passionnée et attachante. Bref, un gentil bonhomme qui a toujours son chapeau vissé sur la tête afin de lutter contre le vent et le crachin celtique de notre région.

Fabienne Shine / Don’t Tell Me How To Shake It / par Juan Marquez Léon

Fabienne Shine / Don’t Tell Me How To Shake It
Genre : Hard Rock.
Label : Autoproduction

Retour de Fabienne Shine en grande forme. La vie de cette femme qui a choisi de vivre libre depuis son départ de sa Tunisie natale est un véritable roman. De sa découverte du Rock’n Roll, à ses débuts dans le cinéma ( ‘Roma’ de Fellini), de sa tournée américaine avec Led Zeppelin alors qu’elle est la compagne de Jimmy Page, à la création de son groupe ‘Speedball’ où officiaient Louis Bertignac et Corinne Marienneau avant l’ouragan Téléphone, et la naissance du meilleur groupe de hard rock français Shakin Street,  sa vie n’est que rencontres, amicales ou amoureuses, mais toujours enrichissantes. La liste est longue : Aznavour, Jean Pierre Léaud, Dali, Klaus Kinski, Rolling Stones, Rick Wright du Floyd, Bob Marley, Ike Turner, Johnny Thunders qui lui dédiera son ‘You Can’t Put Your Arms Around A Memory’, Nico, Patti Smith, Chrissie Hynde, Damon Edge dont elle fût l’épouse 10 années.

Une sacrée destinée qui a fait d’elle une véritable muse du Rock’n’roll. La revoici donc avec un album du tonnerre de feu. On retrouve les frangins Bouchard du Blue Oyster Cult, le fidèle Ross The Boss des Dictators, Norbert ‘Nono’ Krief de Trust, Freddie Katz et pleins d’autres bons amis. Fabienne à toujours cette voix de panthère miaulante, rugissante sur des murs de guitares d’acier chromé. ‘The World And Me’ ouvre l’album comme un hymne lancinant. Le travail des voix avec Tish and Snooky, ex-choriste de Blondie  est formidable tandis que Freddie Katz est le killer en chef aux guitares ‘lead And rythm’. Cela continue avec le titre éponyme, et il est évident qu’on ne demandera pas à Fabienne comment on doit s’y prendre pour ‘secouer’ le sujet…’I Got To Fly’ et ‘Worth More When I’m Dead’ sont du même alliage ; félinité et carbone. Impressionnant. Ensuite hommage est rendu à ‘Candy Darling’, actrice trans chez Paul Morrissey en 1968 dans ‘Flesh’ et qui est citée dans le ‘Walk On The Wild Side’ de Lou Reed.

Un des sommets de l’album. Fabienne aérienne. Sa voix tellement sensuelle susurre en nous. One two, one two three….. et c’est l’arrivée des frères Bouchard à la rythmique basse batterie et de Ross The Boss à la 6 cordes dans le très Shakin Street ‘I’m You Girl’. Ici tout homme normalement bien constitué devrait céder. Nono arrive dans ‘Curly waves’, rock’n Roll à la Ramones. Il y a de l’harmonica et je suis sûr que c’est Fab. Et puis il y a plus de 30 ans le 3eme album de Shakin Street avait été écrit en français. Refusé par le label, cela a dû entraîner la fin du groupe. On retrouve ici 2 de ces titres ‘Je Suis Une Fille De Nulle Part’ et ‘J’aime Marcher Dans Les Courants D’Air’. Avec Mike Winter et Aurélien Ouzoulias à la section rythmique ça pilonne dur. Surprenant, l’album se clôt sur une très jolie interprétation de ‘Here Comes The Sun’ de George ‘Beatle’ Harrison.

Un titre qui a sûrement marqué Fabienne durant ses jeunes années londoniennes …. Madame Essaïgh, on vous attend maintenant en tournée, et surtout….faites nous encore des albums de cette trempe. Chapeau bas. — Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon est le chroniqueur de disques sur Zeitgeist. Et pas n’importe lequel !!! Après des décennies et des études à Séville, Grenade, Paris, Londres, New York, Tokyo et Berlin, Juan a posé son vélo à Saint-Nazaire pour bosser dans un « CAC 40 » et parcourt tous les jours 12km avec une vieille bécane à pédales, traversant Méan et Penhoët pour rejoindre son « headquarter » bien (ou peu) chauffé en Brière. Juan parle 32 langues couramment et la langue qu’il maîtrise le mieux est celle de la musique. Ici vous trouverez l’écriture de Juan, une personne passionnée et attachante. Bref, un gentil bonhomme qui a toujours son chapeau vissé sur la tête afin de lutter contre le vent et le crachin celtique de notre région.

Karen Dalton / It’s So Hard To Tell Who’s Going To Love You The Best / par Juan Marquez Léon

Karen Dalton / It’s So Hard To Tell Who’s Going To Love You The Best
Folk blues jazz
1969

Au Café Wha? en plein Greenwich Village début des 60’s c’était la star. Tout le monde venait écouter cette Irlandaise Cherokee. Y compris ses amis Tim Hardin et Bob Dylan. D’ailleurs ce dernier ne l’oubliera pas et la citera plus de 50 ans après lors de son discours de remise de son Prix Nobel 2017. Oubliez les Fitzgerald, Vaughan, Simone, ou autres Dusty, Janis, Dionne ou Aretha, la Dalton les surpassant toutes. Je n’en connais que deux qui sont au même niveau. Billie Hollyday et….Amy Winehouse. Surnommée la Hillibilly Hollyday parce que son répertoire vient du blues ou de la country primitive des Appalaches, elle chante sa tristesse, son spleen comme une trompette de jazz bouchée. Alors que son avenir est tout tracé vers un succès certain, elle quitte tout avec sa fille (à 16 ans la garde de son 1er lui est retirée) pour vivre dans une caravane et élever des chevaux dans le Colorado. Incompréhension totale (The Band et Dylan ‘Katie’s Been gone’ 1967) , elle décidera dorénavant de vivre recluse. Fred Neil la retrouve et en 1969 lui propose cet enregistrement. Aucune composition, que des reprises : Jelly Roll Morton, Eddy Floyd, Leroy Carr, Tim Hardin, Leadbelly et ….Fred Neil. Sobre, dévasté, cet album est une beauté funeste, un diamant noir, quelque chose d’incomparable dans la musique populaire. Seulement pressé à quelques milliers d’exemplaires, le disque est un bide commercial. Retour chez sa mère en Oklahoma. Elle survit. Petits boulots. Concerts dans des bars. Amérique profonde. Un second album en 1971 ‘In My Own Time’ au son plus moderne avec le titre préféré de Nick Cave ‘Katie Cruel’. Second bide. Désabusée, s’en est fini pour elle de cette carrière de musicienne professionnelle. Elle disparaîtra en 1993 à l’âge de 55 ans. Selon les versions, SDF dans les rues de New York, ou d’un SIDA non traité, ou dans un appartement confortable devant sa TV…. l’histoire et la vérité restent à écrire. Sa fille est toujours en vie. —  (c)  Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon est le chroniqueur de disques sur Zeitgeist. Et pas n’importe lequel !!! Après des décennies et des études à Séville, Grenade, Paris, Londres, New York, Tokyo et Berlin, Juan a posé son vélo à Saint-Nazaire pour bosser dans un « CAC 40 » et parcourt tous les jours 12km avec une vieille bécane à pédales, traversant Méan et Penhoët pour rejoindre son « headquarter » bien (ou peu) chauffé en Brière. Juan parle 32 langues couramment et la langue qu’il maîtrise le mieux est celle de la musique. Ici vous trouverez l’écriture de Juan, une personne passionnée et attachante. Bref, un gentil bonhomme qui a toujours son chapeau vissé sur la tête afin de lutter contre le vent et le crachin celtique de notre région.

Mélanie De Biasio / Lilies / par Juan Marquez Léon

Mélanie De Biasio / Lilies
2017
Genre : Jazz Blues Électro.

Il s’en est passé des choses depuis le Conservatoire Royal de Bruxelles dans les années 90 où cette chanteuse y étudie le chant. Entre autres, une inflammation pulmonaire lors d’une tournée en Russie la laissant sans voix durant toute une année, ce qui va modifier définitivement son expression vocale, surtout au niveau de la respiration, et donc des silences. Puis la sortie en 2007 d’un album très jazz, entre ombres et lumières ‘A Stomach Is Burning’. Magnifique version de ‘My Man’s Gone Now’, une Billie Holiday chantant chez ECM.

‘Les Hommes Endormis’, cette chanson d’une femme sur nous, les hommes. Quelle sensibilité ! C’est simplement beau. Le succès, la reconnaissance viendront en 2013 avec le second album. ‘No Deal’. Sobre et sensuel, une beauté sombre dans un clair-obscur. Son chant devient de plus en plus blues. Écoutez ‘With All My Love’, ce piano à la Bill Evans pour ses silences. Il est évident que dorénavant nous avons affaire à une artiste exceptionnelle. Et comme Mélanie se sent désormais libre de publier ce qu’elle veut, voilà qu’en 2016 elle nous offre ‘Blackened Cities’, un EP de 24′. Un vinyle avec une seule face et un seul titre! Un hommage à sa ville de naissance, Charleroi l’Industrielle. Un long poème expérimental où toujours les silences laissent filtrer la lumière. Superbe photo de pochette.

Fin 2017 sort donc ‘Lilies’. Les petites touches électro que l’on trouvait d’ici de là sur les précédentes publications sont ici assumées. Le blues tendance ‘work songs’ est de plus en plus présent. On pense au travail de Portishead ou de Mark Hollis de Talk Talk. La froideur de ‘Gold Junkies’, la troublante sérénité de notes en suspension de ‘Lilies’ côtoient les rythmes tribaux de ‘Let Me Love You’ ou les beats et autres samples d’ ‘Afro Blue’, chouette reprise de Mongo Santamaría. ‘Sitting In The Stairwell’ est un murmure sur un claquement de doigt, comme une lointaine work song de prisonniers du sud des Etats Unis.

Les titres sont traversés de silences encore, de souffles comme des vents d’hivers, le chant est susurrè. ‘Brother’ appelle au recueillement tandis que la pulsation de nos cœurs maltraités s’entend dans ‘And My Heart Goes On’. ‘Lilies’, froid et sensuel, est dans sa profondeur, un disque de solitude, mais aussi d’amour. Un disque extrême en quelque sorte.– (c)  Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon est le chroniqueur de disques sur Zeitgeist. Et pas n’importe lequel !!! Après des décennies et des études à Séville, Grenade, Paris, Londres, New York, Tokyo et Berlin, Juan a posé son vélo à Saint-Nazaire pour bosser dans un « CAC 40 » et parcourt tous les jours 12km avec une vieille bécane à pédales, traversant Méan et Penhoët pour rejoindre son « headquarter » bien (ou peu) chauffé en Brière. Juan parle 32 langues couramment et la langue qu’il maîtrise le mieux est celle de la musique. Ici vous trouverez l’écriture de Juan, une personne passionnée et attachante. Bref, un gentil bonhomme qui a toujours son chapeau vissé sur la tête afin de lutter contre le vent et le crachin celtique de notre région.

Courtney Marie Andrews / May Your Kindness Remain par Juan Marquez Leon

Courtney Marie Andrews / May Your Kindness Remain
Genre : Country Folk Rock
Label : Loose Music
Sortie le 23 mars 2018.

Courtney Marie Andrews est une chanteuse de 27 ans, native de Phoenix Arizona, terre country par excellence. Elle s’était fait remarquer l’an dernier avec son ‘Honest Life’. La revoici avec ce disque produit par Mark Howard (Lucinda Williams, Bob Dylan, Emmylou Harris, Tom Waits…) Pour le chant, on pense à son aînée, Emmylou Harris, période Daniel Lanois, tant le son semble aérien, les notes noyées dans un écho brumeux, déchiré à certains endroits par le solo d’une guitare lourde et saturée (Dillon Warneck). Les claviers, nombreux, (orgue, piano, wurlitzer et accordéon) sont joués par Daniel Walter et Charles Wicklander et contribuent à cette impression.

Une musique évoquée également par la photo de pochette, surannée, ou Courtney, allongée dans la pénombre d’un salon champêtre est éclairée par le halo d’une nouvelle journée. Tandis que le titre éponyme prend des allures de country gospel avec ses chœurs (C.C. White), un des temps forts de l’album, ‘Took You Up’ possède un groove amérindien. Basse, Alex d’Abel et batterie, William Mapp, sont sublimes. Dans ce paysage mélancolique, le Crazy Horse du Loner semble ruer avec fierté dans ‘Kindness Of Strangers’. Des chansons qui traitent d’une Amérique en pleine déprime, meurtrie par la pauvreté, et dont le consumérisme galopant laisse des gens, de plus en plus nombreux, sur le bord de la route, les rendants instables, tristes et constamment insatisfaits. — (c) Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon

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Blood, Sweat, And Tears / Child Is Father To The Man par Juan Marquez Léon

Blood, Sweat, And Tears
Child Is Father To The Man
1968

BST était une des premières formations de Rock Jazz. Elle partageait d’ailleurs avec Chicago, le même producteur James William Guercio. À l’origine était Al Kooper. Son orgue dans Like A Rolling Stone de Dylan et sa contribution en 66 au Blonde On Blonde du même Bob l’ont fait rentrer définitivement dans l’histoire. Il rejoint ensuite la même année le Blues Project, un magnifique combo de blues-rock psychédélique (un grand disque : ‘Projections’ en 1966). Fondant avec Steve Katz le BST, l’idée était d’ajouter une section importante de cuivres à leur blues et pop psychédélique.

À ne pas confondre avec un autre style : le Jazz Rock, en pleine gestation à cette époque avec les travaux de Miles, Tony Williams ou John Mclaughlin. Le BST ou Chicago Transit Authority, sont bien des groupes de pop rock psychés mariant ce genre au blues, à la soul et au jazz et créant ainsi un nouveau style. Ce premier album est une petite merveille. On y entend par exemple ‘I Love You More Than You’ll Ever Know’ une compo de Kooper, reprise plus tard par la regrettée Amy Winehouse. Une reprise de Tim Buckley (le géniteur de Jeff) ‘Morning Glory’. On pense aussi Aux Mothers Of Inventions de Zappa dans ‘House Of Country’.

Malgré la richesse instrumentale de l’ensemble, Al Kooper quittera le navire dès ce premier album pour d’autres aventures. Le BST se métamorphosera plusieurs fois, connaîtra un peu le succès, mais à mon avis, n’atteindra jamais le niveau de ce disque. Par contre Chicago…..enfin vous savez ! — (c) Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon

Juan Marquez Léon est le chroniqueur de disques sur Zeitgeist. Et pas n’importe lequel !!! Après des décennies et des études à Séville, Grenade, Paris, Londres, New York, Tokyo et Berlin, Juan a posé son vélo à Saint-Nazaire pour bosser dans un « CAC 40 » et parcourt tous les jours 12km avec une vieille bécane à pédales, traversant Méan et Penhoët pour rejoindre son « headquarter » bien (ou peu) chauffé en Brière. Juan parle 32 langues couramment et la langue qu’il maîtrise le mieux est celle de la musique. Ici vous trouverez l’écriture de Juan, une personne passionnée et attachante. Bref, un gentil bonhomme qui a toujours son chapeau vissé sur la tête afin de lutter contre le vent et le crachin celtique de notre région.

The Limiñanas / Shadow People par Juan Marquez Léon

The Limiñanas / Shadow People
Label: Because
Genre : Garage Rock Français / 2018

Il est loin le temps des Migas Valdes, petit combo de frat rock de la région de Perpignan où officiaient Marie (batterie métronomique) et Lionel (guitares cradingues) Limiñana. Peut-être avez vous déjà entendu, il y a quelques années sur les ondes radio, ce titre qui nous a révélé le couple : ‘Je ne suis pas très drogue’. C’était vers 2010, et The Limiñanas sont lancés. De tournées en rencontres (Pascal Comelade), reconnus outre-manche comme LE groupe français psyché du moment, ce ‘Shadow People’, leur 5eme album, vient de sortir.

Il a été enregistré à Berlin dans le studio d’Anton Newcombe, leader du Brian Jonestown Massacre, que l’on retrouve au chant dans ‘Istanbul Is Sleepy’. Autres invités : Bertrand Belin chante ‘Dimanche’, Emmanuelle Seigner ‘Shadow People’, et aussi Peter Hook de New Order et, bien sûr, Pascal Comelade, ce grand créateur perpignanais. Le côté yéyé des précédents albums m’énervait un peu, mais ici les Catalans ont frappé fort. La rencontre entre Can, Gainsbourg et le Velvet Underground fonctionne à merveille. On est tout de suite frappé par ce son lourd, répétitif et hypnotique faisant de ce disque peut-être leur meilleur à ce jour. Ils passent le 20 avril au Stereolux de Nantes. A ne pas louper. — (c) Juan Marquez Léon

Juan Marquez LéonJuan Marquez Léon est le chroniqueur de disques sur Zeitgeist. Et pas n’importe lequel !!! Après des décennies et des études à Séville, Grenade, Paris, Londres, New York, Tokyo et Berlin, Juan a posé son vélo à Saint-Nazaire pour bosser dans un « CAC 40 » et parcourt tous les jours 12km avec une vieille bécane à pédales, traversant Méan et Penhoët pour rejoindre son « headquarter » bien (ou peu) chauffé en Brière. Juan parle 32 langues couramment et la langue qu’il maîtrise le mieux est celle de la musique. Ici vous trouverez l’écriture de Juan, une personne passionnée et attachante. Bref, un gentil bonhomme qui a toujours son chapeau vissé sur la tête afin de lutter contre le vent et le crachin celtique de notre région.